Du local au global
On entend « +1,5 °C » et on regarde son thermomètre : l’écart paraît beaucoup plus grand. Les deux chiffres sont justes — ils ne mesurent simplement pas la même chose. Cette page superpose quatre échelles, du thermomètre de Mérignac à la moyenne de la planète, ramenées à une même référence pour être comparables.
Chargement des séries…
Pourquoi des anomalies et pas des degrés
Bordeaux est à 14 °C de moyenne annuelle, la planète à 15 °C, l’Europe à 9 °C : superposer ces valeurs brutes ne dirait rien, sinon qu’il fait plus doux en Gironde qu’en Laponie. Ce qui se compare, c’est le déplacement de chaque série par rapport à sa propre normale. Chacune est donc ramenée à sa moyenne 1961-1990, et l’axe part de zéro.
Les courbes sont lissées sur dix ans. Une année isolée dépend de la météo — un hiver doux, un été pourri — pas du climat. À quatre séries superposées, les valeurs annuelles brutes formeraient un écheveau illisible ; elles restent disponibles dans le tableau.
Ce que les quatre échelles ne partagent pas
Elles ne commencent pas à la même date : le monde en 1880, l’Europe en 1910, la France en 1922, Bordeaux en 1927 — la première année où sa moyenne mobile décennale est calculable. Elles ne couvrent pas non plus les mêmes surfaces : « Monde » inclut les océans, qui se réchauffent lentement et pèsent les deux tiers du total, tandis que les trois autres sont des mesures sur terre. C’est l’essentiel de l’écart entre le haut et le bas du graphique — pas une singularité bordelaise.
Enfin, elles n’ont pas la même nature. Bordeaux est un thermomètre. La France est une moyenne de quatorze postes. L’Europe et le monde sont des reconstructions à partir de milliers de stations et de mesures océaniques, avec leurs propres corrections d’homogénéité. Plus on monte en échelle, plus la donnée est traitée — et plus elle est robuste.